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OTAN : Une force de frappe internationale pour une sécurité occidentale?

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L’OTAN était au départ une organisation dont le but était de défendre l’aire géographique Atlantique Nord des menaces qui s’étaient présentées lors de sa création, à savoir le communisme et son expansion. Depuis bien sûr, les missions de l’OTAN ont changé et les menaces auxquelles elle doit faire face sont bien différentes. Pour autant, la défense de l’aire Atlantique Nord est restée une ligne conductrice dans tous les concepts stratégiques énoncés par l’OTAN, de 1949 à nos jours.

Pourtant, peut-on dire que les interventions qu’elle a menées ces dernières années s’inscrivent vraiment  dans la défense la zone Atlantique Nord?

La dimension des lieux d’action de l’OTAN pose en effet une question sur sa raison d’être et sur la définition de ses priorités. La première grande opération d’envergure que l’OTAN a menée est celle de l’Afghanistan aux côtés des Etats-Unis suite aux attentats sur 11 septembre 2001. C’est un pays qui ne se situe pas dans la zone Atlantique Nord mais l’Etat afghan ayant abrité le groupuscule terroriste directement responsable des attentats subis par les USA, Al-Qaeda, l’intervention était justifiée de la part de l’OTAN en termes de défense de la zone Atlantique Nord dont le plus puissant membre avait été attaqué sur son sol. En revanche, la deuxième grande intervention de l’OTAN est celle qu’elle a menée en Libye en 2011 et là, les objectifs et les raisons de l’intervention sont déjà plus flous et plus difficiles à mettre en rapport avec la mission traditionnelle de l’OTAN. En effet, celle-ci s’est axée sur la protection des civils en Libye, contre lesquelles les troupes légalistes du colonel Mo’ammar al-Qaddhafi ont commis d’innombrables exactions. Quel était l’enjeu sécuritaire pour l’Alliance cette fois-ci?

Il faut bien entendu garder des données géographiques en tête et se dire que ce qui se passe sur la rive sud de la Méditerranée exige toujours un intérêt soutenu des pays européens. Mais ici le cas était encore différent puisque les opérations de l’OTAN étaient légitimées par un mandat de l’ONU (dimension que nous aurons l’occasion de voir dans un autre article). Si une telle intervention a été possible en Libye, pourquoi n’est-elle pas envisagée en Syrie par exemple, alors qu’il est avéré que des armes chimiques sont utilisées dans les combats et que la situation s’enlise depuis plus de deux ans maintenant et a fait plusieurs dizaines de millers de morts ?

En effet le cas syrien est particulièrement intéressant puisque la Syrie est un pays frontalier de l’un des membres de l’alliance, la Turquie. Le secrétaire général, même s’il a déclaré ne pas envisager d’intervention, malgré son souci à propos de plusieurs problèmes que l’on sait prégnants en Syrie : « le nombre croissant de victimes, une déstabilisation du régime, l’usage à large échelle d’armes chimiques, le sort des réfugiés et le protection d’un Etat membre de l’Alliance, la Turquie.

Est-ce que que ce souci restera intact, même après l’attentat de Reyhanli, ville frontalière turque avec la Syrie, survenu le 12 mai dernier, et ne se transformera-t-il pas en intervention? Après la double explosion qui a fait 48 morts, la Syrie en a appelé à ses alliés pour un intervention en Syrie, chose qui a été mise de côté par tous les agents de la communauté internationale jusqu’à maintenant. La Turquie en a en effet appelé au président Obama afin qu’il intervienne plus sérieusement dans le conflit en collaboration, bien entendu, avec l’OTAN. Si la zone d’exclusion aérienne et la livraison d’armes aux rebelles ont été refusées, l’installation de missiles supplémentaires est à prévoir.

L’un des Etats de l’Alliance vient d’être directement attaqué, sachant que l’implication de la Turquie dans le conflit n’est plus à prouver puisqu’elle abrite 400 000 réfugiés syriens sur son sol et qu’apparemment, 80 citoyens turcs auraient été les victimes directes du conflit voisin. Que fera alors l’OTAN?

Sources : « Syrie : La mise en garde de Sarkozy énerve la gauche. », Le Figaro, 08.08.2012, « L’OTAN « très préoccupée » par la situation en Syrie. », Le Monde, 06.05.2013, « Après l’attentat de Reyhanli, la Turquie exhorte ses alliés à agir en Syrie. », Libération, 13.05.2013

 

 

 

 

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