Organisations Politiques et Economiques Internationales

OMC)B – 2/3. L’adhésion du Liban à l’OMC : avantage ou inconvénient ?

Après son indépendance en 1943, le Liban a réussi à s’imposer comme un exemple de développement économique et social au Moyen-Orient et a adhéré au GATT en 1947, tout en devenant un de ses membres fondateurs. Cependant, la prospérité économique du pays se révélera être éphémère alors que la guerre civile éclate et brise les institutions du Liban et le rend par la suite incapable de participer au Cycle d’Uruguay en 1995. Depuis lors, le Liban essaye progressivement de reconstruire son économie et une des mesures qu’il a prise pour assurer un certain degré de stabilité fut les négociations de son accession à l’OMC qui ont été lancées en 1999 sous l’article XII de l’accord Marrakech instituant l’organisation mondiale du commerce. L’un des principaux objectifs de l’OMC est de faciliter le libre-échange entre les pays et par conséquent, améliorer leur croissance économique.

L’adhésion du Liban à l’OMC lui serait très bénifique car elle lui permettrait d’être réintégré dans l’économie du monde et d’établir un modèle économique moderne fondé sur la transparence et la compétitivité. Les accords négociés dans le Cycle d’Uruguay, qui constituent une base solide et stable pour tout système économique, aideraient largement le Liban à réglementer ses activités et à suivre un régime strict et idéal pour l’anticipation des comportements commerciaux des autres. De plus, le Liban profitera de la clause de la Nation la plus favorisée ainsi que ce principe « constitue un véritable multiplicateur d’échanges dans un environnement de concurrence aussi parfaite que possible. » Son adhésion à l’OMC marquera le début d’une ère qui sera plus ou moins débarrassée de toute sorte d’inégalité qui a tendance de découler des monopoles privés ou publics. Le Liban serait également en mesure d’exprimer son opinion, assister aux négociations et promouvoir ses propres intérêts.

Toutefois, l’adhésion du Liban à l’OMC a été entravée par des problèmes politiques et sécuritaires continus qui affligent le pays depuis des décennies et ceci a été aggravé récemment par le conflit israélo-libanais de 2006. La polarisation divisant le gouvernement libanais, qui est lui même incapable de se réunir pour discuter les législations relatives au processus d’accession à l’OMC, ne fait qu’empêtrer tout progrès et évolution désirés par les géreurs du gouvernement. Un autre élément qui ne cesse de faire dérailler le Liban de sa route de joindre l’OMC est son incapacité à se conformer aux demandes de l’organisation concernant la transparence et les formes juridiques. On ajoute à ce fait, les frais d’inscription qui doivent être payés par les compagnies internationales au gouvernement libanais et la privatisation du secteur des télécommunications qui est supposé opérer ouvertement et permettre aux firmes internationales de faire une offre sans aucune discrimination.
Pour faire partie de l’OMC, le Liban a besoin d’effectuer des changements drastiques à son système ainsi qu’il sera obligé de privatiser le secteur de l’éducation, le système de protection sociale, l’eau et l’énergie. Néanmoins, cette privatisation peut poser problème ainsi qu’il y aurait un grand nombre de personnes incapables de payer pour ces services vitaux. De même, les pauvres régions et villages libanais risquent de se trouver sans eau, électricité et téléphone. La question de la propriété intellectuelle reste la plus grande préoccupation vis-à-vis de l’intégration du Liban à l’organisation mondiale du commerce. L’ADPIC affectera énormément la santé et la vie des gens puisque l’OMC protège les droits de profit de l’industrie pharmaceutique et ceci se fait aux dépens de la santé des personnes concernées. Au Liban, les personnes pauvres et âgées seront sacrifiés car ils dépendent des médicaments génériques et du marché noir. Une autre question qui devra être adressée est celle de la piraterie, cependant la majorité des libanais sont incapables de payer légalement les produits piratés qu’ils consomment, ce qui nous pousse à nous demander si le gouvernement doit canaliser ses efforts pour résoudre le problème des salaires. Le principe de l’égalité qui semble être une notion sous-jacente alimentant l’ensemble du système de l’OMC n’est pas applicable car une comparaison entre les pays du nord et les pays du sud est peu plausible. Le Liban n’a pas du tout profité des accords relatifs au libre-échange qu’il a signé avec d’autres pays et il reste à spéculer que sera de son sort si jamais il fera partie de l’OMC.

Il serait difficile de réfuter les avantages évidents de l’adhésion du Liban à l’OMC, mais il semble y avoir un écart important entre le système actuel et celui que le gouvernement désire construire pour faire partie de l’organisation mondiale du commerce. Les subtilités du modèle économique libanais le rendent difficilement malléable et les transformations requises pour accéder à l’OMC se feront au détriment d’une grande partie de la population libanaise qui est ostensiblement dépendente du régime économique établi.

Liens externes

- L’adhésion du Liban à l’OMC : bilan et perspectives [ http://eeas.europa.eu/delegations/lebanon/press_corner/all_news/news/2010/20100211_01_fr.htm ]

- Does Lebanon Really Need the World Trade Organization ? [ http://www.anmag.org/issues/18/02/180203.php ]

- Lebanon and the WTO : the facts [ http://www.executive-magazine.com/lebanon-wto-accession/ ]

Lebanon’s bid to join the World Trade Organization is all but finished [ http://www.executive-magazine.com/in-focus/lebanon-wto-bid-finished/5532 ]

- OMC : Accessions – République Libanaise [ http://www.wto.org/french/thewto_f/acc_f/a1_liban_f.htm ]

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