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FMI – Limites – La guerre des monnaies

monnaiesDepuis la fin du système de Bretton Woods, le monde monétaire est dans un régime de change flottant sous les yeux du FMI. Explications: avant Bretton Woods, il y’avait une semi-parité fixe entre les monnaies et la dévaluation n’était pas une option. Après Bretton Woods, les monnaies peuvent être dévaluées au réévaluées plus librement. On dévalue la monnaie pour faciliter les exportations car elles deviennent moins chères, mais aussi pour promouvoir le « consommez local » car les produits importés deviennent plus chers. De plus, même le FMI l’a conseillé à un moment dans les années 80 pour aider les pays en développement qui importent plus qu’ils n’exportent. Au contraire, quand un pays réévalue sa monnaie, on assiste à une baisse du coût de la production et donc de la stabilité des prix nationaux. Ainsi, on a d’un côté les pays tels que les États-Unis d’Amérique du Nord ou le Royaume-Uni qui sont en déficit et empruntent de l’argent pour pouvoir importer plus, et d’un autre côté on a la Chine et quelques autres pays asiatiques qui sont en « surplus » pour pouvoir exporter plus.

Mais souvent, tout ceci se fait au détriment d’autres pays. En effet, pour garder intact le système monétaire, quand un pays dévalue sa monnaie, il faut qu’un autre la réévalue pour équilibrer, et il faut que les deux économies soient proches (Le Timor Leste ne va pas faire grand chose en tentant d’équilibrer la dévaluation de l’Allemagne par exemple), et que la dévaluation ou réévaluation ne soit pas forte. Souvent, les états consentent à le faire, mais en période de crise, on revient souvent au protectionnisme et à l’égoïsme monétaire et économique.

Jusqu’en 2008, les dévaluations massives étaient évitées, et les tigres ont même accepté des mesures strictes du FMI. Mais en 2009-2011 a eu lieu ce qui fut appelée la « guerre des monnaies« . Plusieurs facteurs l’expliquent. La crise de 2008 a provoqué la chute du commerce international de 12%. De plus, les économies avancées étaient préoccupées par la taille de leur déficit. C’est ainsi qu’en septembre 2010, l’économiste brésilien Guido Mantega annonça que le monde était en plein dans une guerre des monnaies. Différents journalistes économiques vinrent appuyer ses dires en donnant les récents exemples de la Chine, du Japon, de la Colombie, d’Israel et de la Suisse qui ont dévalué leur monnaie quasi-simultanément. Même si en octobre, Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI de l’époque, avait averti le monde monétaire d’une possible guerre des monnaies, celle-ci paraissait quand même peu probable. En tout cas, même si elle a eu lieu, différents analystes ne s’accordent pas, chacun donnant victorieux tel ou tel pays.

Beaucoup plus récemment, mi-janvier 2013, le gouvernement japonais voulait dévaluer le Yen mais plusieurs voix se sont élevées pour protester contre ce « nouveau round de la guerre des monnaies« .  Mais Christine Lagarde a elle aussi levé la voix pour dire que les risques d’une nouvelle guerre des monnaies ont été largement surévalués. Quoiqu’il en soit, quand on parle de guerre, ça remet forcément en cause la crédibilité de l’organisation s’occupant du secteur. Une nouvelle guerre mondiale décrédibiliserait totalement l’ONU et la rendrait caduque; même avec une guerre régionale on critique sa légitimité, que dire alors d’une guerre des monnaies par rapport au FMI? A chaque « guerres des monnaies » on remettra en cause la légitimité du FMI car son rôle est justement d’éviter cela.

 

Sources:

http://www.boursorama.com/q-pourquoi-un-pays-devalue-t-il-sa-monnaie/1325
http://www.eur-export.com/francais/apptheo/finance/rischange/risquecomp.htm
http://en.wikipedia.org/wiki/Currency_war
http://en.wikipedia.org/wiki/Currency_War_of_2009%E2%80%932011
http://www.bbc.co.uk/news/business-11608719

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