Organisations Politiques et Economiques Internationales

II-3-b) Conférence mondiale sur les droits de l’homme (1993)

Conférence mondiale sur les droits de l’homme (1993)

La Conférence mondiale sur les droits de l’homme qui s’est tenue à Vienne (Autriche) en juin 1993, fut la première conférence sur les droits de l’homme depuis la fin de la guerre froide. Le résultat principal de cette conférence fut la Déclaration et programme d’action de Vienne. Après la conférence de Téhéran (Iran) en 1968, la conférence de Vienne ne fut que la 2e conférence globale convergeant exclusivement sur les droits de l’homme.

Bien que cette conférence ait pris place dans un contexte particulier, c’est-à-dire peu de temps après la chute de l’URSS et donc dans un climat relativement peu propice aux droits de l’homme, la Conférence mondiale des droits de l’homme a réussi à réunir les représentants de 171 nations et 800 ONG, avec en tout environ 7 000 participants. Ceci en fait le plus grand rassemblement jamais sur les droits de l’homme.

Il y avait eu de nombreuses discussions avant la conférence sur ce que pourrait et ne pourrait pas être dit pendant la conférence. Les règles adoptées déclaraient qu’aucun pays ou lieu spécifique ne pourraient être mentionnés relativement à des violations des droits de l’homme, y compris ceux impliqués dans des conflits en cours comme la Bosnie-Herzégovine, l’Angola, et le Libéria, et ceux sujets à une critique en cours sur les droits de l’homme, comme la Chine et Cuba. A la place de cela, les violations des droits de l’homme devaient être discutées uniquement dans le résumé ; ceci mena The New York Times à déclarer que la conférence intervenait « dans une atmosphère curieusement en dehors de la réalité ». En particulier, le fait que la guerre de Bosnie-Herzégovine intervenait a une heure de vol seulement de Vienne a témoigné de façon spectaculaire qu’aucune nouvelle ère de coopération internationale ne s’était mise en place.

Une ligne de fracture s’est dessinée à la conférence entre les nations occidentales qui ont proclamé un sens universel aux droits de l’homme et des nations qui ont déclaré que les droits de l’homme devaient être interprétés différemment dans les cultures non-occidentales et que les tentatives d’imposer une définition universelle impliquait une interférence dans leurs affaires intérieure (groupe mené par la Chine, la Syrie et l’Iran, et aussi d’autres nations asiatiques comme Singapour, la Malaisie, l’Indonésie, et le Viêt Nam).

Le résultat clé de la Conférence mondiale des droits de l’homme fut la Déclaration et programme d’action de Vienne, qui a été adoptée par accord consensuel des 171 États le 25 juin 1993. Notamment, cette conférence permit effectivement de montrer qu’un consensus pouvait être trouvé sur les droits de l’homme au début des années 1990.

La Déclaration met en avant le fait que les droits de l’homme sont indivisibles, interdépendants et intimement liés et que les droits de l’homme sont de la responsabilité de l’Etat. De plus, elle promeut la démocratie, le développement et les droits de l’homme contre le terrorisme, le droit au développement, le droit de demande d’asile et d’aide humanitaire, la lutte contre le racisme, la xénophobie et l’intolérance ainsi que la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, la lutte contre la torture et contre les disparitions forcées. Enfin, la Déclaration met en avant l’éducation aux droits de l’homme et met en place des systèmes de régulation pour protéger les personnes faisant parties des minorités, les populations autochtones, les droits des travailleurs migrants, les droits des femmes, les droits de l’enfant ainsi que les droits des personnes handicapées.

Elle a demandé davantage de moyens pour le United Nations Center for Human Rights. De façon plus significative, elle a appelé un nouveau bureau, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. Par la suite, l’Assemblée générale des Nations unies a admis cette déclaration (résolution 48/121) et a créé la fonction de Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme le 20 décembre 1993. Au début des années 2000, toutes les recommandations explicites contenus dans la Déclaration et programme d’action de Vienne avaient été réalisées totalement ou en partie. La conférence a aussi souligné l’importance que les ONG continueraient à jouer dans l’infrastructure des droits de l’homme.

Sources: 

http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_et_programme_d’action_de_Vienne

United Nations Human Rights: http://www.ohchr.org/EN/ABOUTUS/Pages/ViennaWC.aspx

 

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